Copwatch : "rien à cacher" ne fait pas recette dans la police

Posted on 7 octobre 2011

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« On a rien à cacher quand on a rien à se reprocher« … C’est en substance ce que répondent Google, Apple ou encore Facebook et le gouvernement lorsque certains internautes s’inquiètent du respect de leur vie privée et de l’usage qui est fait de leurs données personnelles (géolocalisation, violation du secret de correspondance, revente des contacts et centres d’intérêt à des sites de marketing, etc..).

Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez pas à avoir peur d’être filmés !Brice Hortefeux

Le ministère de l’Intérieur  demande «d’interdire l’accès aux pages diffamatoires et injurieuses et qui mettent en péril la sécurité des fonctionnaires de police et des militaires de la gendarmerie». Le site en question, Copwatch est selon Wikipedia, une nébuleuse d’associations militantes au Canada, en France, aux États-Unis et au Royaume-Uni qui surveillent la police afin de dénoncer et de faire connaître les dérapages et les violences policières principalement par la collecte et la diffusion de photographies et de vidéos sur Internet.

Cependant, difficile de trouver sur le Net des preuves de diffamation et d’injures sur les pages du site Copwatch. . L’article du Monde, qui a sans doute repris la prose du site syndicaliste ‘Alliance n’a évidemment pas vérifié ses sources et indique :

Ainsi, un brigadier dont le nom est affiché sous sa photo, selon Alliance, est qualifié de « stratège des guet-apens et chasses aux pauvres », qui « n’hésite pas à faire tabasser des personnes sur les marchés » et « les placer en garde à vue ».

Une recherche Google sur les termes incriminés par Guéant ne montre aucune correspondance avec Copwatch, mais seulement avec les MSM qui ont copié-collé la désinformation comme en témoigne cette capture d’écran:

Sur le site que l’Intérieur voudrait censurer, je n’ai vu que des données publiques (profils Facebook), photos ou films de violences policières. Rien que de très légal, comme le reconnaît d’ailleurs  le syndicat Alliance : » Filmer et révéler éventuellement des bavures, comme cela se fait aux Etats-Unis, c’est une chose, mais là il s’agit ni plus ni moins de délation« . 

En somme, exposer la violence, le racisme ou encore les exactions de la police, c’est de la délation… Remarquez bien que la délation, c’est recommandé par la même police…

Enfin, Mr Guéant lui, attaque beaucoup en justice, hier pour diffusion de fausses nouvelles, aujourd’hui pour diffamation… Les chiens aboient, la caravane passe.  Je soutiens l’action de Copwatch et appelle à l’extension de la surveillance des flics partout où ils sévissent afin de s’assurer que ces fonctionnaires – payés avec nos contributions –  n’abusent pas de leurs prérogatives, ne tabassent pas, ne provoquent pas, ne maltraitent pas ou  ne se remplissent pas les poches comme cela arrive (voir à Lyon)… C’est pas  Europe1, TF1 ou la presse MSM qui va se charger du respect du citoyen…

Quant aux fichiers de police  qui sont établis sur les citoyens – sans leur approbation – et qui mettent leur vie en péril en raison du  nombre d’erreurs contenues, où est le droit de rectification, sachant qu’un million de personnes, blanchies par la justice, sont  toujours suspectes pour la police) ? Une bavure est si vite arrivée de nos jours.


L’humiliation policière au quotidien, une dérive inacceptable

Par ailleurs, la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité constate  dans son rapport 2010 la nette augmentation des « violences illégitimes » de la part d’une police soutenue totalement par sa hiérarchie et dont les abus ne sont pas sanctionnés. Il met également en avant  »  le manque de rigueur dans la rédaction de procès-verbaux, le manque de loyauté au cours d’une enquête ou l’usage disproportionné de la force, n’entraînent pas souvent de sanctions. Plus inquiétant, certains comportements n’en
provoquent jamais : ainsi, à la connaissance de la CNDS, aucun fonctionnaire de police dont la Commission avait estimé qu’il avait décidé de façon inopportune de menotter une personne ou de la fouiller à nu n’a fait l’objet de poursuites disciplinaires.

Elle y note :

  • Refus d’enregistrer des plaintes
  • Décès à la suite d’interpellations
  • Disparition d’ éléments probants (comme un certificat médical après les coups reçus)
  • Disparition et falsification de documents
  • Absence d’enquête effective
  • Défaut de traçabilité des contrôles d’identité
  • Illégalité des contrôles (intimider les témoins d’une interpellation)
  • Palpations systématiques
  • Exhibition ou menace d’une arme (le fait de pointer une arme sur la personne contrôlée sans raison
    apparente est constitutif d’un manquement à la déontologie)
  • Erreurs de fichiers informatiques constatées au cours de contrôles routiers (amenant à la GaV)

Une célèbre ONG  peut continuer de proclamer que les flics français bénéficient de l’impunité et violent les Droits de l’Homme, ce  qui laisse «craindre l’existence d’un racisme institutionnalisé au sein des organes chargés de l’application des lois en France». Ce n’est pas Mr Guéant qui va démentir… ni même engager des poursuites pour diffamation envers Amnesty International !?

Commentaires choisis dans les MSM:

On n’arrivait pas à croire, en 1936 que la Gestapo infiltrait les journaux pour influer sur l’opinion, en 1956 que l’URSS interdisait de filmer les policiers en service sur la voie publique aux frais du contribuable. En 2011 en France on a les deux, y c. les cohortes de forumistes « indépendants » défendant les abus du pouvoir en place

Lorsque la police commet des délits et des abus de pouvoir, il faut bien qu’il y ait des citoyens pour les dénoncer. Publiquement. N’oublions pas que les policiers sont assermentés. A tout pouvoir, il faut un contre-pouvoir.

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