HOWTO: Ne pas se faire fliquer par les moteurs de recherche

Posted on 4 mai 2011

3


En dépit de la charte de l’oubli en carton de NKM, qu’aucun grand acteur du web n’a daigné même considérer l’espace d’un instant, les moteurs de recherche continuent d’archiver et d’indexer nos messages, emails, posts. Au fil des années, l’internaute génère une trace numérique qu’il aura beaucoup de mal à faire disparaître, si l’envie lui en prend.

Pourtant, les gens changent, évoluent, et ne voient pas ni ne commentent le monde qui les entoure de la même façon à 20 ou à 60 ans. Or Internet, lui, garde la mémoire de nos états d’âme, de nos coups de gueule, de nos amis, nos ex… Pour éviter de laisser une empreinte trop riche, quelques petites précautions s’imposent. On ne parle pas ici de VPN ou de dissimulation de l’adresse IP, des sujets traités auparavant sur ce blog. Il s’agit seulement de multiplier les pistes, d’égarer le pisteur…

Avant de poster sur un blog, un forum, un commentaire en ligne

1- Changer de pseudonyme et d’émail régulièrement. Il existe de nombreux fournisseurs gratuits d’adresses email jetables comme jetable.org.

2 – Incorporer le contenu du post dans une image, qui ne pourra pas être indexée par les moteurs de recherche avec TXTNINJA: cela donne ça :

L’interface de ce site gratuit permet de saisir un message texte et le convertit en image, en produisant un lien qui peut être inséré dans les forums, les messages instantanés, les blogs, les emails, etc… Et sans OCR, pas moyen de lire le texte.

3- Pour éviter que les administrateurs et modérateurs de sites fassent la corrélation entre un pseudo qui change et une adresse IP et un navigateur qui demeurent identiques , il faut changer d’ User Agent (l’identifiant de votre navigateur) et d’IP. Pour ce faire, sous Firefox, on peut installer l’extension User Agent Switcher comme ci-dessous. Pour l’IP à la volée, le plus simple est TOR, toujours avec Firefox et le fameux Tor button.

Il ne faudrait surtout pas imaginer que seuls les criminels pédophilo-terroristes refusent de laisser leurs traces sur le Net. Si par exemple, vous êtes … secrétaire d’État et que vous vous rendez sur un forum littéraire en postant la question : « Qui est Zadig ?« , Bing, Google et les autres vous en parleront pendant 20 ans. Tandis que si vous postez l’image de la question, en vous faisant passer pour un écolier de 12 ans, pas de soucis….

4- EFF.org donne de bons conseils : Les requêtes effectuées dans les moteurs de recherches doivent être vierges de toute information personnelle. Il faut être déconnecté de Gmail ou autre Facebook,et révoquer leurs cookies au préalable. Ne jamais utiliser le portail de recherches de son fournisseur d’accès, qui maintient un log des requêtes et connaît l’identité de l’abonné.

5-L’utilisation de moteurs de recherches qui ne conservent pas d’historique des requêtes ou l’adresse IP a le vent en poupe. Startpage, ou encore Ixquick.Employant HTTPS, ils ont le bon goût de proxyfier le lien du résultat. Cerise sur le gâteau, lorsqu’on utilise le lien proxy, ce dernier modifie le type de browser et de système d’exploitation utilisés !

6-Utiliser l’effet miroir, comme Léonard de Vinci, peut servir à la fois à dissimuler du contenu aux yeux des crawlers, ou se faire indexer, comme le montre cet autre billet

ǝƃɐssǝɯ uoɯ ʇsǝ ıɔǝɔ

Pour en savoir plus les dégâts à venir avec la connexion des crawlers aux réseaux sociaux, voir l’étude de l’Université de Cambridge  Public Search Engines Mine Private Facebook Details. D’ores et déjà, des sites comme 123People ou pire encore, Spokeo aux US, se chargent de collecter en vrac toutes les informations personnelles qu’ils peuvent glaner sur la toile. On recherche quelqu’un par son nom, bien sûr, mais aussi par pseudonyme, adresse e-mail, amis, numéro de téléphone.

Les résultats affichent la fortune, la situation sociale et géographique de l’intéressé(e), en plus de la photo de sa maison, compliment de Google Street View. Ces sites gagneront bientôt des millions en vendant des e-réputations de luxe, ou en anonymisant nos informations personnelles et toutes les erreurs qu’elles comportent, sur demande payante.

Un outil, 123PeopleRemover  a été développé pour retirer les liens affichés par 123People, filiale des Pages Jaunes, dont le patron a signé la charte en carton déjà mentionnée. Car en pratique, il est très difficile voire impossible de retirer son nom des résultats de recherche.  Un doigt droit à l’oubli qui ne concernerait pas cette entreprise soumise au droit autrichien, bien que « , le Groupe PagesJaunes affirme que « les Sites et Services, leurs conditions d’utilisation et les traitements de données personnelles qu’ils mettent en oeuvre sont soumis à la loi française« . Rappelons que le PDG de Page Jaunes, Jean Pierre Rémy, vient d’être nommé membre du  Conseil national du numérique, la nouvelle usine à gaz du gouvernement qui a écarté les pseudo-experts pour laisser la place au business…



Publicités