Après la Grèce et l'Irlande, le Portugal…

Posted on 22 novembre 2010

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Christine Lagarde aime que les marchés soient « rassurés ».  Par rassurer les marchés, il faut entendre aliéner la souveraineté des états et couper le plus de programmes sociaux et médicaux possibles aux citoyens. Le plan qu’a établi l’Irlande pour diminuer leur déficit public vaudra certainement la chute du gouvernement actuel, après quelques pintes de Guinness. Jugez-en plutôt! Dire que seulement le 4 octobre, les banksters de Goldman Sachs prévoyaient que les banques irlandaises allaient dégager 7 milliards d’euros de bénéfices… on se demande comment ces experts financiers peuvent encore trouver l’oreille de nos politiciens véreux !

Ces mesures d’austérité, comme les précédentes, ne sauraient résoudre le problème puisqu’il est de nature conceptuelle et qu’il ne s’agit pas seulement d’une crise de liquidité comme le chef de la presse à billet de la Fed et tous les économistes bénis oui-oui voudraient nous le faire croire. Donc le prochain pays qui tombera sera le Portugal, bientôt suivi de l’Espagne. Tant qu’il restera un contribuable européen debout pour éponger les dettes des banksters…Lagarde se réjouira.

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Ils étaient seize dans la zone euro. Avec un peu d’aide du Fonds Monétaire International, ils se sont mis ensemble pour aider l’un d’entre eux, la Grèce. Ils sont restés quinze aveugles à soutenir un paralytique.

Ils étaient quinze pays encore debout dans la zone euro. Avec un peu d’aide du Fonds Monétaire International, du Royaume-Uni et de la Suède, ils se sont mis ensemble pour aider l’un d’entre eux, l’Irlande. Ils sont restés quatorze aveugles à soutenir deux paralytiques.

Ils sont quatorze encore debout. Et il est facile d’imaginer la suite. Il est facile de l’imaginer en novembre puisqu’on l’entrevoyait déjà en février. J’écrivais le 25 février dans Feu en la demeure : « Vous ne sauverez pas la Grèce en lui enjoignant de baisser le salaire de ses fonctionnaires. Vous ne sauverez pas la Grèce en l’encourageant à combattre la fraude fiscale. Vous ne la sauverez pas non plus en créant une… cagnotte (on tombe ici dans le dérisoire !) ». Et j’ajoutais, reprenant mes propos dans l’émission « The Debate » sur France 24, le 3 février : « Cette fois, ce n’est plus 1) Bear Stearns, 2) Lehman Brothers, 3) Merrill Lynch, c’est 1) Grèce, 2) Portugal, 3) Espagne ».

Ils sont quatorze encore debout. Et le Portugal et l’Espagne sont très pâles depuis déjà février. La méthode n’est pas la bonne. Est-ce vraiment si difficile à comprendre ?

THIS METHOD IS INADEQUATE

They were sixteen in the euro zone. With a little help from the International Monetary Fund, they put their strength together to help Greece out. There they were: fifteen blind supporting one lame.

They were fifteen countries still standing in the euro zone. With a little help from the International Monetary Fund, the UK and Sweden, they put their strength together to help Ireland out. There they were: fourteen blind supporting two lame.

They’re fourteen now, still standing. What happens next is easy to envision. It’s easy to envision since it was already obvious back in February. I wrote on February 25 in The House is on Fire : « You will not save Greece by intimating her to lower her civil servants’ wages. You will not save Greece by encouraging her to fight fiscal fraud. You will not save her either by setting up a… kitty (how pathetic can one be?)”. I added, quoting my own words on « The Debate » (France 24), on February 3: « This time around, it won’t be 1) Bear Stearns, 2) Lehman Brothers, 3) Merrill Lynch, it will be 1) Greece, 2) Portugal, 3) Spain ».

They’re fourteen, still standing. Portugal and Spain have been in a poor shape since February. The method is inadequate. Is this really so hard to grasp?

NO ES EL BUEN METODO

Eran dieciséis en la zona euro. Con un poco de ayuda del Fondo Monetario Internacional, se unieron para ayudar a uno de ellos, Grecia. Hubo así quince ciegos sosteniendo a un paralítico.

Eran quince países en pie aún en la zona euro. Con un poco de ayuda del Fondo Monetario Internacional, más Inglaterra y Suecia, se unieron para ayudar a uno de ellos, Irlanda. Hubo así catorce ciegos sosteniendo a dos paralíticos.

Son catorce en pie aún. Y es fácil imaginar la continuación. Es fácil imaginarla en noviembre, puesto que se vislumbraba ya en febrero. El 25 de febrero escribía yo en « Peligro inminente »: « No se salvará a Grecia animándola a combatir el fraude fiscal. No se la salvará tampoco creando un… bote común (cosa irrisoria) ». Y añadía, repitiendo lo que había dicho en la emisión « The Debate » de la cadena de TV France 24, el 3 de febrero: « Esta vez no se trata de 1) Bear Stearns, 2) Lehman Brothers, 3) Merrill Lynch sino de 1) Grecia, 2) Portugal, 3) España ».

Son catorce en pie aún. Y Portugal y España están muy pálidas desde el mes de febrero. No es el buen método. ¿Tan difícil es comprenderlo?

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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