Le guru du sarkozysme, les retraites, Alzheimer et les magouilles

Posted on 2 novembre 2010

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En faisant un tour de presse cette semaine, je découvre avec stupeur – pas que nous vivons en Oligarchie – que Nicolas Sarkozy a un gourou idéologique. Je suis si fortement impressionné que notre président ait une idéologie que je mène une petite recherche sur la chose. Selon le blog du Monde qui a donné le jour à l’affaire, la réforme des retraites aurait été préparée depuis 2007 par Sarko, sur les conseils de David Thesmar, un économiste (CV ou « wiki libéral« ) super balèze auquel fut décerné le prix du meilleur économiste de France, en 2007. Enfin, Obama a bien eu le nobel de la Paix…

David Thesmar né en 1972 parle beaucoup des 30 Glorieuses, comme s’il les avait connues. Mais si vous interrogez les gens qui les ont vécues, ils vous diront sûrement que cette période d’une durée officielle de 28 ans a été profitable pour les banques, moins pour la chair à canon, soumise  aux tickets de rationnement jusqu’à la suppression du Haut Commissariat au Ravitaillement fin novembre 1949. 1973 moins 1950, cela nous laisse 23 années de gloire.

Les 30 glorieuses

Ménage bien géré,ménage endetté

Dans son CV public sur Internet, le gourou, professeur à HEC fait la liste de sa prose libérale dont j’ai retenu les perles. Dans Ménage bien géré,ménage endetté en février 2007, le soutien au candidat Sarkozy est affirmé : Au fond, derrière les exhortations de Nicolas Sarkozy, c’est le projet de faire basculer le pays d’une mentalité de squatters revendicatifs à celle d’entrepreneurs ambitieux qui se dessine. Tout un programme, dont les conclusions sont basées sur une étude de squatters à Buenos Aires !

L’hyperréalisme budgétaire de Sarkozy

Le soutien s’affirme encore dans une interview pour les Echos intitulée,L’hyperréalisme budgétaire de Sarkozy et portant sur le budget de la France. Pour rendre ses réformes irréversibles, même en cas d’élection dans cinq ans d’un gouvernement socialiste, Nicolas Sarkozy a donc choisi de limiter à l’avance les possibilités de dépense de celui-ci. En somme, un joli résumé de jeux de pouvoir dans laquelle les intérêts des contribuables sont ignorés de bout en bout.

Le mégakrach n’aura pas lieu

Le mégakrach n’aura pas lieu en Juillet 2007 est encore une interview donnée aux Echos qui laissent vraiment n’importe qui écrire n’importe quoi, pourvu que cala profite. Là, Super économiste nous assure que  « Le danger d’une explosion financière, et donc le besoin de régulation, n’est peut-être pas si grand qu’on le pense. » ce qui a donné lieu à un article du Monde intitulé les disqualifiés qui remet en question la fiabilité de ces prétendus experts économiques

De très belles analyses, mais avec un peu trop de ketchup et de Diet Coke pour coller à l’Hexagone et au caractère gaulois. A cet égard, les dernières manifestations ont été largement incomprises dans tout le monde anglo-saxon et vues comme un déni de réalité, alors que beaucoup d’autres pays du Sud rendaient hommage à l’esprit citoyen et la solidarité des français qui se battaient pour soutenir le projet d’une société et se moquaient des marchés financiers qu’il fallait satisfaire, selon Sarko.

Reste que  gourou ou pas, le clan Sarkozy est partout présent :  Marianne avait sorti un article détaillé sur le planAlzheimer et comment il profitait aux frères Sarkozy avec la fondation Médéric Alzheimer.

Retour sur les applications pratiques du népotisme dans la société post industrielle :

La saga des 4 frères Sarkozy

On parle beaucoup de conflits d’intérêts dans la vie politique ces derniers temps. Des amitiés de Nicolas Sarkozy avec le milieu de la finance et des médias, de l’affaire Woerth-Bettencourt aux récentes révélations du livre de Martin Hirsch, mais les journalistes « officiels » oublient aussi d’autres évidences. Alors que le déficit prévisionnel de la Sécurité Sociale a été annoncé cette semaine et qu’une diminution des remboursements est d’ores et déjà au programme, il est temps de se pencher sur le secteur de la santé, de comprendre son fonctionnement, et surtout d’en connaître les acteurs.


Le Pôle Emploi, né de la fusion de l’ANPE et de l’ASSEDIC sur une idée de Nicolas Sarkozy, compte 50.000 employés. La Sécurité Sociale, comprenant l’Assurance Maladie, l’Assurance Vieillesse et les URSSAF compte 120.000 employés. Ces deux organismes ont été concernés par une réforme récente concernant les Complémentaires Santé. Ainsi, depuis le 1er janvier 2009, 170.000 employés ont été contraints de résilier leurs contrats avec leurs mutuelles pour adhérer à une « mutuelle employeur obligatoire ». Ceux qui ont des enfants ont également été obligés d’inscrire ces derniers sur le nouveau contrat (sauf s’ils étaient déjà ayant-droits sur le compte du conjoint via une mutuelle employeur obligatoire). On peut appeler ça du passage en force. C’est une conséquence de la loi Fillon de 2003.

Ce qui est encore plus étonnant, c’est de constater que c’est le même organisme qui a remporté les deux marchés. Je ne connais pas les modalités des appels d’offre mais je m’étonne de voir que c’est le groupe Malakoff-Médéric qui a raflé la mise, obtenant d’un coup, d’un seul, 170.000 adhérents supplémentaires, sans compter les ayant-droits. Ajoutez à cela les 800.000 salariés CHR (café-hôtellerie-restauration) qui rentreront dans le dispositif en janvier 2011… c’est encore Malakoff Médéric qui a emporté le marché. Revenons donc sur l’histoire de cette compagnie d’assurance et de prévoyance pour comprendre un peu mieux les enjeux.

Pour vous donner une idée du poids de Malakoff-Médéric sur le marché français, c’est le n°1 des groupes paritaires de protection sociale, n°2 de la retrait e complémentaire et n°3 en santé collective (classement Argus de l’Assurance). Le groupe est né de la fusion de Malakoff et Médéric (d’où son nom) le 30 juin 2008, soit 6 mois avant la mise en place du dispositif « mutuelle obligatoire employeur » pour la Sécurité Sociale et le Pôle Emploi. Ainsi, dès le 1er Juillet, le président de Médéric cède sa place pour laisser seul au commande du groupe, le président de Malakoff : un certain Guillaume Sarkozy. Ce dernier est loin d’être un inconnu : au Medef de 2000 à 2006, il a aussi été le vice-président de la CNAM de 2004 à 2005. Guillaume Sarkozy, comme son nom l’indique, est le frère de Nicolas.

Puisque j’évoque la fratrie Sarkozy, intéressons-nous maintenant au troisième larron : François Sarkozy. Pédiatre de formation, François a abandonné la pratique de la médecine pour se consacrer à l’industrie pharmaceutique (principalement orientée vers la gériatrie) depuis 2001. Ainsi, il siège au conseil de surveillance de Bio Alliance Pharma et est devenu le président d’AEC Partners dont une des missions est le conseil aux fonds d’investissement.

Par ailleurs, François Sarkozy a également lancé une chaîne de télévision spécialisée dans la santé sur internet… financée par le laboratoire Sanofi. Ajoutons à cela ses relations avec le groupe Paris Biotech Santé, l’un des protagonistes de l’affaire de l’Arche de Zoé, et on l’aura compris, l’homme a tissé sa toile : il fait partie aujourd’hui des puissants lobbyistes de l’industrie pharmaceutique. D’ailleurs le grand plan Alzheimer lancé par le gouvernement est un joli cadeau de quelques centaines de millions d’euros, une aubaine pour le secteur dont il défend les intérêts.

Et maintenant la cerise sur le gâteau, celui dont on ne parle jamais, le cerveau, l’éminence grise : Olivier Sarkozy (demi-frère de Nicolas Sarkozy), qui copilote depuis avril 2008 l’activité mondiale de services financiers de Carlyle Group (), probablement celui qui tire les ficelles. Le Groupe Carlyle est une société d’investissement américaine fondée en 1987. Basé à Washington D.C., il est présent dans de nombreux domaines d’activités, comme l’aéronautique, la défense, l’industrie automobile et des transports, l’énergie, les télécommunications et les médias. Ses investissements sont essentiellement situés en Amérique du Nord, en Europe et en Asie du Sud-Est. Le groupe possède 89,3 milliards de dollars de capitaux propres et il emploie plus de 515 professionnels de l’investissement dans 21 pays. Les différentes entreprises de son portefeuille emploient, quant à elles, plus de 286 000 personnes dans le monde et Carlyle a environ 1 100 investisseurs répartis dans 31 pays à travers le monde.

Pour rappel, le groupe Carlyle a ou a eu parmi ses membres actifs l’ancien Premier ministre britannique John Major, James Baker, ancien secrétaire d’État américain, George Bush père, ancien directeur de la CIA et ancien président des États-Unis, Frank Carlucci, ancien directeur de la CIA et secrétaire à la Défense américain, Karl Otto Pöhl, ex-président de la Bundesbank, la famille Ben-Laden et plusieurs chef d’État et de gouvernement.

Le groupe Carlyle n’est pas coté en Bourse, et n’est donc non tenu de communiquer à la Securities and Exchange Commission (la commission américaine chargée de veiller à la régularité des opérations boursières) le nom des associés, des actionnaires, pas plus que le nombre de leurs parts respectives.

4 frères : Le cerveau qui copilote l’activité mondiale des services financiers d’une multinationale tentaculaire, l’un en charge de l’exécutif de la France, notre Président, l’un à la tête d’un des plus gros groupe d’assurance santé et le dernier qui sert les intérêts des laboratoires. Si ça ne s’appelle pas un conflit d’intérêt, je me demande ce que c’est… Pourtant les médias en parlent peu et préfèrent s’étendre sur les amis milliardaires de Nicolas Sarkozy. On peut légitimement nourrir des inquiétudes sur l’avenir de notre pays. Les réformes engagées depuis 2004 ne font que confirmer sa détérioration et l’on peut prédire le démantèlement de toutes nos structures sociales et services publiques d’ici quelques années.

Publié sur Mecanopolis le 28 octobre 2010

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Illustration issue de blogcpolitic

UPDATE 18 Avril  2012, justa avant que Sarko ne perde les élections 🙂

Sur yahoo Answers, enfin, ce qu’il en reste dans sa page en cache,  puisque le contenu original a été censuré suppprimé, il y a une question : Connaissez-vous les 3 frères Sarkozy

Connaissez-vous l’histoire des 3 frères Sarkozy qui se sont enrichis sur votre dos?

Le Pôle Emploi, fusion de l’ANPE et de l’ASSEDIC sur une idée de Nicolas Sarkozy, compte 50.000 employés.
La Sécurité Sociale, comprenant l’Assurance Maladie, l’Assurance Vieillesse et les URSSAF comptent 120.000 employés.
Ces deux organismes ont été concernés par une réforme récente des « complémentaires santé ».
Depuis le 1er janvier 2009, 170.000 employés ont été contraints de résilier leurs contrats avec leurs mutuelles pour adhérer à une « mutuelle employeur obligatoire ».
Ceux qui ont des enfants ont également été obligés d’inscrire ces derniers sur le nouveau contrat (sauf exception).
C’est une conséquence de la loi Fillon de 2003.
C’est le même organisme qui a remporté les deux marchés : le groupe Malakoff-Médéric obtenant 170.000 adhérents supplémentaires.
Ajoutez à cela les 800.000 salariés CHR (café-hôtellerie-restauration) qui entreront dans le dispositif en janvier2011.
Cette compagnie d’ assurance et de prévoyance Malakoff-Médéric sur le marché français :
n°1 des groupes paritaires de protection sociale,
n°2 de la retraite complémentaire,
n°3 en santé collective (classement Argus de l’Assurance).
Le groupe est né de la fusion de Malakoff et Médéric le 30 juin 2008, 6 mois avant la mise en place du dispositif « mutuelle obligatoire employeur » pour la Sécurité Sociale et le Pôle Emploi.
Le président de Médéric cède sa place au président de Malakoff : Guillaume Sarkozy.
Au Medef de 2000 à 2006, il a aussi été le vice-président de la CNAM de 2004 à 2005.Guillaume Sarkozy est le frère de Nicolas.

Intéressons-nous maintenant au troisième larron : François Sarkozy.
Pédiatre de formation, a abandonné la pratique pour l’industrie pharmaceutique depuis 2001.
Il siège au conseil de surveillance de Bio Alliance Pharma , et est devenu le président d’AEC Partners dont une des missions est le conseil aux fonds d’investissement.
François Sarkozy a lancé une chaîne de télévision spécialisée internet financée par le laboratoire Sanofi.
Ajoutons ses relations avec le groupe Paris Biotech Santé, l’un des protagonistes de l’affaire de l’Arche de Zoë ; il fait partie aujourd’hui des puissants lobbyistes de l’industrie pharmaceutique.
D’ailleurs le grand plan Alzheimer lancé par le gouvernement est un joli cadeau de quelques centaines de millions d’ euros, une aubaine pour le secteur dont il défend les intérêts.
A venir, le plan « Dépendance des Seniors » annoncé avant les prochaines élections présidentielles…

TROIS FRERES
– l’ un en charge de l’exécutif : notre Président,
– l’ un à la tête d’un des plus gros groupes d’assurance santé,
– le dernier sert les intérêts des laboratoires pharmaceutiques.

On peut légitimement nourrir des inquiétudes sur l’avenir de notre système de santé.
Les réformes engagées depuis 2004 ne font que confirmer sa détérioration et l’on peut prédire son démantèlement d’ ici quelques années. Tout dépendra sans doute de 2012…
Après cela, étonnons-nous de l’acharnement de Nicolas à réformer le financement des retraites (qui va fatalement s’orienter vers un système par capitalisation) et de sa « bienveillance » vis-à-vis de sa ministre Roselyne lorsqu’elle fait prospérer les grands laboratoires pharmaceutiques en leur achetant à-tout-va des millions de vaccins… inutiles mais financièrement juteux!

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