Idées reçues sur les bonus ou l’écroulement du modèle carotte/baton

Posted on 13 septembre 2010

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Vous êtes déjà vous demandé pourquoi la qualité de service, dans le privé ou la fonction publique, diminuait d’année en année ? Pourquoi les éminences grises de Wall street, les technocrates de l’ENA ne servaient plus qu’à produire de la bêtise? Pourquoi la classe politique ne parvenait plus à proposer de nouveaux modèles de société ?

Dans son dernier livre, Drive, Daniel Pink démontre que si l’argent peut constituer une motivation dans le domaine de tâches automatisées ou mécaniques, c’est plutôt l’effet inverse qui se produit quand il s’agit de créativité. Pas étonnant alors que nos politiques, engoncés dans leur scandales affairistes et passant 80 % de leur temps à manigancer pour se remplir les fouilles soient si démunis quand il faut rêver d’un avenir commun, sans ghettos dorés. Que des dirigeants d’entreprises qui ne songent qu’à l’argent ne sachent p;us entreprendre… ou que des banksters se remplissent les poches de bonus après avoir mis leurs banques dans le rouge

Dans l’expérience de la bougie […] Un des deux groupes se voyait promettre une récompense de 20 dollars (somme sympathique pour l’époque) s’il parvenait à apporter une solution au problème posé.

« Le groupe a qui l’on avait promis les vingt dollars mit 3,5 minutes en plus que l’autre pour résoudre l’énigme, indique Daniel Pink. Ce type d’expérience à été reconduite à de multiples reprises, dans divers contextes. Toujours avec le même résultat… »

Un écart entre les traditions du management et ce que démontre la science…

Tous les codes du management appliqués dans la plupart des entrepreneurs sont basés sur le bâton et la carotte.

Ce modèle de motivation du personnel a peut-être fonctionné dans le passé. En 2010, terminé.

« La perspective d’une récompense, en fait, nous pousse à nous concentrer un maximum le problème à résoudre, observe Daniel Pink. Toutefois, lorsque la solution requiert une démarche plus créative, l’imagination nécessite d’aller voir sur les bords, de chercher l’inspiration hors des sentiers battus…En restant vissé sur l’objectif, on réduit en fait malgré nous le champ«

Les emplois créatifs de plus en plus nombreux demandent d’autres formes de motivation

En Europe, en Asie, au Japon, que ce soit dans l’administration, la banque, la distribution, des employés et des cadres sont actifs dans des tâches routinières. Les analyses sont relativement stéréotypées car elles s’appuient toujours sur les mêmes protocoles d’évaluation… Ces dernières peuvent être automatisées et/ou confiées à des opérateurs dans des pays meilleur marché.

« Dans nos économies, au 21ème siècle, les emplois qui comptent sont ceux qui font appel à nos capacités créatives et conceptuelles, martèle Daniel Pink. Ils demandent de résoudre des problèmes en apportant des propositions surprenantes et non conventionnelles… »

« Les approches classiques, en vigueur dans tant d’entreprises de par le globe, basées sur des incitants principalement financiers, ces approches ne marchent pas !, poursuit Pink. L’effet sur les performances est seulement positif dans le cas de tâches répétitives, à faible valeur ajoutée originale… Or, ces fonctions correspondent de moins en mois aux emplois modernes… »

 

Sources :

http://www.entrepriseglobale.biz/2010/06/25/comment-les-motivations-seulement-financieres-tuent-la-creativite-daniel-pink

http://lateralaction.com/articles/dan-pink-rewards/

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