Islande : Cuba ou Haïti du nord ?

Posted on 5 mars 2010

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C’est la question que se pose son président, face aux pressions européennes et à celles du FMI, afin qu’il fasse payer les erreurs de quelques banquiers . Les « experts »et chantres du néolibéralisme, il n’y a pas si longtemps, nous décrivaient l’île comme un Eden économique et les manchettes titraient « Islande, la fête économique« . C’est en 2001, rappelons-le, que l’Islande a décidé de déréguler la législation bancaire. En 2008, les 3 banques commerciales du pays, ayant « investi » lisez perdu beaucoup, s’écroulaient et il fallait rembourser les investisseurs étrangers, notamment ceux, anglais et hollandais, d’Icesave, une banque en ligne.

Les lois anti-terroristes anglaises servirent à geler les actifs islandais en Angleterre, pour augmenter la pression, en plaçant l’Islande sur la liste « noire », ce qui n’allait pas beaucoup l’aider à se sortir de la crise. Les lobbies financiers et le FMI, ainsi que le chantage à l’entrée dans l’UE firent le reste. Dans la nuit du 30 au 31 janvier 2009, en catimini, le parlement adopte une nouvelle loi « Icesave », en éliminant les amendements gênants, qui prévoyaient que ce remboursement « évoluera en fonction de la croissance du PIB, qu’il sera impossible de prendre pour caution les richesses naturelles du pays, et que la date limite du remboursement ne dépasse pas juin 2024« .

 

Évidemment, le petit peuple rejeta ce vote parfaitement démocratique et exigea un référendum, après avoir recueilli les signatures d’un quart de la population dans une pétition, ce qui provoqua le véto du président. Nos démocraties européennes, n’ont pas apprécié et menacent, via les agences de cotation (Moody et consorts) , de mettre une mauvaise note à l’Islande ce qui provoquera des difficultés financières accrues. Ce qui fait dire à son président, qu’en refusant de payer, elle sera la Cuba du nord, et en payant, elle s’appauvrira comme Haïti. Pour sauver les apparences, une commission d’enquête parlementaire examine les faits, mais n’a pas rendu son rapport…Il paraît que les personnalités mises en cause n’ont pas encore eu le temps préparer leurs réponses.

Toute cette affaire me fait songer aux paris des Hedge funds contre l’Euro, ou aux CDS appuyés sur des paris. Comme tout un chacun le sait, les dettes de jeu sont illégales en France, tout comme les dettes provenant de paris. Comme l’a justement fait remarquer ce billet de la Tribune, un amendement de l’article L. 211-35 du Code monétaire et financier, passé en janvier 2009 – quelle coïncidence !- a supprimé cela.

Qui a oeuvré pour cet amendement ? À qui profite le crime, euh pardon, l’amendement ?

 

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