My name is Carla, and I am a pirate

Posted on 13 décembre 2009

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Avant la naissance des réseaux sociaux, un bon ami m’avait indiqué une méthode pour lier connaissance avec des autochtones; et cela fonctionnait partout, dans tous les pays, dans n’importe quelle petite ville suffisamment importante pour y accueillir une antenne des AA. Il suffisait de s’y présenter, d’y déclamer le célèbre  » My name is X, and Ia m an addict » pour, une fois la grand-messe terminée, nouer des contacts avec les participants – j’allais dire autour d’un verre – devant un soft drink et des petits gâteaux.

Les temps ont changé…My name is Carla and I am a pirate. Tout petit déjà, À l’époque des Mitra 15 (photo), on ne disposait pas de programmes : il fallait les écrire . Dés qu’on avait terminé de compiler un jeu, on le refilait à son voisin. on appelle ça des échanges profitables, pas du piratage de programmes. Cela permettait à chacun de profiter des talents des autres, et d’améliorer les siens, en regardant le code source. Et puis, les potes pouvaient jouer, redistribuer le jeu, et se faire connaître. Jamais personne n’aurait imaginé que des lois seraient arrachées de force aux députés, pour interdire ce genre de pratique au nom de la Culture. Évidemment, on échangeait ausi les cassettes de musique, les disques…Les cassettes video venaient de sortir, après que les Majors américains, MCA (universal) en tête, déjà à l’époque, intenteraient un procès à Sony en arguant (1) que les magnétoscopes encourageaient la violation des droits d’auteur. Le lobby allait même, tout en jouant du sentiment anti-japonais, déclarer devant le Congrès :

I say to you that the VCR is to the American film producer and the American public as the Boston strangler is to the woman home alone

La liste est longue (2), de toutes ces inventions, du piano à la radio en passant par le photocopieur, que l’industrie du contenu veut contrôler, taxer, censurer, distribuer jalousement.
Ce matin, le titre du figaro » Les Français téléchargent moins sur internet » m’a semblé pour le moins réducteur.
La loi n’est pas encore appliquée, mais les résultats sont là ! De même qu’avec la loi anti tabac…les gens cessaient de fumer 3 mois après sa mise en application. Enfin, tout ça pour dire que l’enquête réalisée, et disponible dans son ensemble (3), se conclut, en ce qui concerne le téléchargement – mais on ne sait pas s’il est légal ou non – par des interrogations :
(…) A cela, plusieurs hypothèses : effet pédagogique de la discussion sur la loi Création sur Internet ? Effet de dissuasion face à la sanction éventuelle ? Développement du streaming ? »
On se demande…et si les gens avaient recours aux LAN parties ? Et si ils utilisaient des VPN ? Et si…on coupait l’accès aux sites offrant des contenus illicites, est-il vrai que 40 % du trafic de l’Europe de l’Ouest tomberait soudainement ?
Bon, n’entrons pas dans les détails techniques, le mulot de nos députés risque d’être coincé par le pare-feu d’Open Office… Mais il faut bien le reconnaître, les réseaux P2P permettent une plus grande diffusion de la « culture » et un accès quasi immédiat à des films, documentaires, courts métrages, et mille autres choses introuvables dans les circuits de distribution classiques. L’omniprésence du contenu, qui me donne la possibilité de l’obtenir depuis n’importe où est une telle avancée, que cela seul devrait suffire à autoriser la distribution de tous les contenus. L’accès à tous, et pas après-demain, là, maintenant. Avec des amis, envie de regarder un film, écouter une tune ? C’est là, maintenant. C’est ce qui ressort du film à télécharger, en prime, sur  stealthisfilm.com. Un bijou de clarté sur la question qui ne préoccupe pas HADOPI : pourquoi l’être humain a besoin de partager, et pourquoi le réseau Internet a adopté cette structure maillée.

STF

(1 http://fr.wikipedia.org/wiki/Betamax
(2)http://www.framalang.org/wiki/100_years_of_Big_Content_fearing_technology_-_in_its_own_words
(3) http://www.arcep.fr

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